La Vallée

// La Vallée

Ghassan Salhab // Liban // 2014
// 134 min // Couleur // 1.77

Jaquette La Vallée

Le 23 mars au cinéma

Sur une route de montagne au Liban, un homme se relève d’un accident de voiture. Choqué et en sang, il erre jusqu’à un véhicule en panne et aide ses quatre occupants à le réparer. Devenu amnésique, le groupe prend soin de lui et l’emmène dans une ferme barricadée de la vallée de la Bekaa, où l’activité n’est pas uniquement agricole. Qui est cet homme sans passé ? Un espion, un mécanicien, un docteur, une menace, un présage ?

Entre suspicion et attirance, ils essaieront de lui faire retrouver la mémoire.

Note d'intention du réalisateur

J’étais à Ouyoun El Simane, sommet d’une des montagnes libanaises, y préparant mon film précédent La Montagne, et comme à chaque fois que je me rends en ce haut point, la force du paysage, son implacable puissance, m’avait saisi. Mais ce jour-là, une sensation de frayeur s’était diffusée. Certes la majesté quasi glaciale du lieu, mon état d’être d’alors, mais c’était surtout comme si l’état des choses au Liban, dans cette partie fort chargée du monde, cet invariable état de menace, s’était autrement répandu en haute-montagne en une insaisissable forme.

Etrangement, cette menace prenait tout son sens dans ce lieu si détaché, si serein apparemment. Elle flottait lourdement, tel un ciel bien bas,prêt à éclater. « La Vallée » est né ce jour-là, de cette sensation. Aussi dénué de sens que ce soit, j’entendais le dérapage d’une voiture, sa chute dans le vide, je voyais cet homme en sang apparaître, puis marcher le long de cette route déserte, au cœur de ce paysage montagneux, sous un ciel immense.

Qui est cet homme ? Pourquoi a-t-il emprunté cette route ? D’où vient-il, se rendait-il dans la vallée de la Békaa ? Quel est cet accent qu’il a ? Le saura-t-on jamais ? Par la force des circonstances, cet homme qui a brusquement perdu toute familiarité non seulement avec le monde, avec les éléments de la nature, avec autrui, mais surtout avec lui-même, n’est quasiment plus que perceptions immédiates, instinct d’homme. Cette mémoire des gestes, du corps, ce refrain d’une chanson qui trotte dans la tête ; l’anxiété que cette mémoire blanche provoque.

Dans La Vallée, la menace se joue à plusieurs niveaux avant d’éclater. Elle est là, dès le commencement du film, avant même les premières images. Elle est là avec cet homme en sang, sans passé, cet homme dont on ne sait rien, et qui ne sait plus rien. Une menace pour lui-même, autant que pour les gens qu’il dépanne pourtant. Depuis l’aube des temps, l’inconnu, l’étranger, on le sait, est chose inquiétante, menaçante.

Réalisateur

Ghassan Salhab naît à Dakar au Sénégal en 1958. En parallèle de ses réalisations, il participe à l'écriture de divers scénarios au Liban et en France, et enseigne le cinéma au Liban. Il a réalisé six longs métrages : Beyrouth Fantôme, Terra Incognita, Le dernier Homme, 1958, La Montagne, et La Vallée – et de nombreux courts métrages et vidéos, comme Everybody know this is nowhere – diptych, Le massacre des innocents-triptych, (Posthume), Narcisse Perdu, My living body My dead body, La Rose de personne, Baalbeck (co-dirigé avec A.Zaatari et M. Soueid), De la séduction (co-dirigé avec N. Khodor), Afrique Fantôme, Après la Mort...

En 2010 le Festival International de La Rochelle a rendu hommage à ses films.

Il réalise La Vallée (Al-wadi) en 2014. Le film est sélectionné au Festival International de Toronto et à La Berlinale (Forum) puis dans plus d’une vingtaine de festivals. Il remporte le prix du meilleur réalisateur à Abu Dhabi et le Prix Fipresci à Fribourg. 

Presse

"D’une beauté plastique saisissante, ce film qui puise sa force politique dans une poésie aussi désespérée que ses couleurs sont éclatantes et sa lumière radieuse, provoque larencontre entre un homme (Carlos Chahine) qui revient à lui, amnésique, après unaccident de voiture, et un groupe d’individus qui cohabitent dans une grande maison perdue au milieu de la vallée de la Bekaa [...] Dans ce climat délétère, paranoïaque, en équilibre précaire, que l’auteur exacerbe par un travail sophistiqué sur le son, une sensualité débordante se distille, qui passe par la musique, les jeux cristallins de surimpressions, la texture et les couleurs des paysages qui défilent, l’érotisme de la danse, une étrange présence animale...

Manière, dérangeante, sans doute, parce que complexe, contradictoire, de sonder l’inconscient d’un pays dont l’amnésie n’est pas le moindre des maux, et dans lequel la violence ne cesse de faire retour. Mais dont la puissance expressive est lesigne de la terrible justesse."
- Isabelle Regnier // Le Monde - Compte-rendu Berlinale 2015

"Son film s’enroule dans une théâtralité rare : sur une route désertique, un homme a un accident de voiture, il est aidé par un mystérieux groupe de personnes [...] Ghassan Salhab déroule moins un récit qu’un climat, nous plonge dans un monde filmique à la marge d’un pays où le capharnaüm règne."
- Clément Ghys // Libération - Compte-rendu Berlinale 2015

"La Vallée est beau, puissant, vigoureux, à la croisée du cinéma de genre et du cinéma moderne, et Salhab est l’un des grands artistes du cinéma arabe aux côtés d’Elia Suleiman ou Tariq Téguia"

- Serge Kaganski // Les Inrocks - Compte-rendu La Rochelle 2015

"L'oeil extra-vigilant et prophétique de Salhab pour la catastrophe à venir, celle qu'aucun de ses personnages ne prophétise, ni ne prépare, tous perdus dans leurentreprise individuelle ou dans le broulliard de leur mémoire perdu."

- José Téodoro // Film Comment, Cinemascope - Prix Fipresci, Festival de Fribourg

"Un drame ciselé et atmosphérique" - Boyd van Hoeij // Hollywood Reporter

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