À pas aveugles

// À pas aveugles

Christope Cognet // France // 2022
// 110 min // Couleur // 1:66

Jaquette À pas aveugles

LE 15 MARS 2023 AU CINEMA

Dans des camps de concentration et d'extermination de la Seconde Guerre mondiale, une poignée de déportés ont risqué leur vie pour prendre des photos clandestines et tenter de documenter l'enfer que les nazis cachaient au monde. En arpentant les vestiges de ces camps, le cinéaste Christophe Cognet recompose les traces de ces hommes et femmes au courage inouï, pour exhumer les circonstances et les histoires de leurs photographies. Pas à pas, le film compose ainsi une archéologie des images comme actes de sédition et puissance d'attestation.

POUR SALUER À PAS AVEUGLES 

Par Patrick Boucheron

Comme Christophe Cognet, je suis né vingt ans après la libération des camps. Vingt ans seulement : il y a désormais plus de temps qui nous sépare des attentats du 11 septembre. Mais ce calcul est bien trop théorique, ce n’est pas ainsi qu’il faut dire. Car si j’appartiens à une génération qui a ouvert les yeux sur ce que Susan Sontag a appelé « l’épiphanie négative » d’un événement-monstre rendant la mort de masse à la fois parfaitement visible et rigoureusement incompréhensible, c’est à travers l’écran du cinéma. Et plus précisément : par Nuit et Brouillard d’Alain Resnais (1956), que l’on projetait aux écoliers alors qu’ils avaient souvent moins de dix ans. Ce fut mon cas, et aussi celui de Christophe Cognet. Nous sommes donc de cette génération ainsi exposée, littéralement exposée, à la nuit noire de l’histoire.

Cela, je ne le savais pas, puisque je ne connaissais pas Christophe Cognet avant qu’il ne fût invité au Banquet du Livre de Lagrasse en août 2021 pour y présenter à la fois son film, À pas aveugles, et son livre, Eclats. Prises de vue clandestines des camps nazis (Seuil, 2019). J’avais lu ce dernier, avec effroi, admiration et surtout reconnaissance : car si je reconnais, j’allais dire les yeux fermés, celles et ceux qui appartiennent à ma génération exposée, cela redouble ma dette envers celles et ceux qui ont su rester fidèles à ce rendez-vous avec l’avenir passé dans les salles obscures de notre enfance. Je suis devenu historien, mais historien d’autre chose, et je l’ai longtemps vécu comme une lâcheté. Mais cet autre chose ne peut-être que criblé de ces éclats, comme lorsque la pluie mouille la terre gorgée des morts dans la poignante scène d’ouverture d’À pas aveugles.

Si bien que la démarche du cinéaste, et des éminents et admirables spécialistes de la Shoah qui dans son film l’escortent avec tant de tact, ne peut être pour moi qu’emblématique de l’opération historiographique en général, dès lors qu’elle est conduite avec prévenance et exactitude, comme un art des points de vue, une manière de prendre position devant le motif, une recherche permanente du bon angle. Enquêtant sur l’action photographique comme résistance et sédition, le film de Christophe Cognet est une leçon de méthode qui est tout sauf didactique, puisqu’elle se situe sur cette arrête vive où l’on ne choisit plus entre transmettre un savoir et partager une émotion. Alors, l’image peut se hérisser d’une puissance poétique qui ne déroge en rien aux exigences de la discipline historique (cadrer, monter : c’est toujours la même histoire), puisqu’il faut entendre ici la poésie comme une leçon d’exactitude.

De son livre et de son film, Christophe Cognet parle du même ton, posé et précis, mais ce que j’avais admiré à Lagrasse en août 2021 c’est la manière dont il leur assigne leurs fonctions respectives. L’un et l’autre sont justes et beaux en ceci que le livre accomplit ce que seul un livre peut faire dans le partage irréductible d’une expérience de lecture, tandis que le film met toute sa confiance dans les moyens du cinéma. Ce que l’on y voit, et c’est bouleversant, est le travail même de la contemporanéité. En enquêtant sur les dessins des déportés dans Quand nos yeux sont fermés (2006) et Parce que j’étais peintre (2011), le cinéaste fouille le temps qui passe entre la chose vue et le trait dessiné. En faisant de même avec leurs photographies clandestines, il tente au contraire de saisir l’éclat d’un instant, ou d’une instantanéité, entre le corps photographié et celui du preneur de vues, cet éclair du temps où ils furent, l’un et l’autre, coprésents. Ce temps est passé, mais en mesurant les ombres, en refaisant les gestes, en parcourant les lieux, en marchant dans leurs pas, aveugles, on peut sinon les retrouver, du moins les évoquer, à nouveau, de nouveau. Et qu’est-ce que cela sinon cette opiniâtre besogne humaine qu’on appelle le travail de l’histoire ?

ÉQUIPE

Réalisation – Christophe Cognet
Image – Céline Bozon
Montage – Catherine Zins
Son – Marc Parisotto
Production – Raphaël Pillosio

CONTACTS

Distribution : Survivance // Guillaume Morel // guillaume[at]survivance.net
Presse : Emmanuel Vernières // emvernieres[at]gmail.com

TELECHARGEMENTS

Dossier de presse  

Photos presse
Bande-annonce : DCP 

Affiche

DOSSIERS PEDAGOGIQUE SCOLAIRE

En lien avec les programmes scolaires de troisième et du lycée, le dossier pédagogique du film (rappels historiques, analyse du film, analyse de séquence, pistes de travail...) est à télécharger ci-dessous : 
À PAS AVEUGLES - Dossier pédagogique léger
À PAS AVEUGLES - Dossier pédagogique HD

Ce dossier pédagogique a été réalisé avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. 

MODE D’EMPLOI POUR ORGANISER UNE PROJECTION SCOLAIRE : 

 1. Contactez la salle de cinéma la plus proche de votre établissement. Si vous n’avez pas le contact, n’hésitez pas à nous le demander à cette adresse guillaume[at]survivance.net

 2. Demandez au responsable de la salle les modalités pour organiser une séance scolaire : tarifs, disponibilités de la salle…

3. Toutes les salles de cinéma sont susceptibles d’organiser une projection pour les scolaires même si le film n’est pas programmé dans la salle. La salle se rapproche elle-même du distributeur pour obtenir la copie du film.

4. Selon les demandes, nous pouvons vous aider, si besoin, à trouver un accompagnement en salle pour ces séances scolaires.

N.B. Nous pouvons mettre sur demande des exemplaires papiers du dossier pédagogique. Nous contacter : guillaume@survivance.net


Actualité

 

  • AVANT-PREMIÈRE samedi 13 janvier à 17h (VOSTFR)

cinéma L'Entrepôt (7 rue Francis de Pressensé 75014 Paris)

présentation du film par @CeliaAtParis de www.cinemacoreen.fr

- réservations ici -

 

  • samedi 20 janvier à 14h (VF)

cinéma Le Méliès (12 place Jean-Jaurès 93100 Montreuil)

présentation du film par @CeliaAtParis de www.cinemacoreen.fr 

atelier stop motion autour du film par Alexandre Labarussiat à l'issue de la séance, sur inscription auprès du cinéma 01 83 74 58 20

- réservations ici -