Images du monde et inscription de la guerre // En sursis

002 // Images du monde et inscription de la guerre // En sursis

Harun Farocki // Allemagne // 1988 et 2007
// 75 et 40 min // Couleur // 4:3 et 16:9

Jaquette Images du monde et inscription de la guerre // En sursis

Présentation

"Il faut être aussi méfiant envers les images qu’envers les mots. Images et mots sont tissés dans des discours, des réseaux de significations. Ma voie, c’est d’aller à la recherche d’un sens enseveli, de déblayer les décombres qui obstruent les images." Harun Farocki

Dans Images du monde et inscription de la guerre et En sursis, Harun Farocki s’arrête sur deux corpus d’images de la Shoah et nous les rend lisibles grâce à deux stratégies de reprise. Un dialogue entre deux films s’instaure à vingt ans d’intervalle et s’y dessinent deux réponses formelles à la question de la place du savoir visuel dans notre connaissance de l’Histoire. « A partir de dispositifs différents, les deux films de Harun Farocki invitent à cette traversée du visible » écrit Sylvie Lindeperg.
Images du monde et inscription de la guerre
, film-phare de Harun Farocki, est un essai dont le motif central est la photographie aérienne du 4 avril 1944 du camp d’Auschwitz prise par un avion de reconnaissance américain. Sur cette photographie, les analystes identifièrent les usines environnantes mais pas le camp d’extermination. Montage dialectique et commentaire distancié composent ce brillant essai documentaire qui analyse les conditions de lisibilité des images, du "voir" et du "savoir", entrelace polysémie des mots et des photographies.
En sursis
exhume des rushs d’un film inachevé tourné dans le camp de Westerbork (Pays-Bas) en 1944 par un prisonnier juif. A l’opposé des transformations télévisuelles de l’archive, le film puise les traces infimes laissées par l’image et convoque leur hors-champ pour atteindre ce « sens enseveli » et rendre notre savoir « plus précis, plus incarné, plus tranchant » comme l’évoque Georges Didi-Huberman.

DVD et Suppléments

- Images du monde et inscription de la guerre / Bilder der Welt und Inschrift des Krieges / Images of the World and the Inscription of War : 75 min, 1988, 16 mm, couleur et n&b / Version DVD : fr & de / sous-titres français / english subtitles
- En sursis / Aufschub / Respite : 40 min, 2007, muet, n&b / Version DVD : fr, de & en
- Entretien croisé avec Christa Blümlinger et Sylvie Lindeperg ( 60 min)
- Livret 52 pages : textes de Harun Farocki, Christa Blümlinger et Sylvie Lindeperg

Presse et écrits

"Farocki allie la liberté d’imagination de Chris Marker à la rigueur d’Alexander Kluge." Jonathan Rosenbaum, critique

"A partir de dispositifs différents, les deux films de Harun Farocki invitent à cette traversée du visible." Sylvie Lindeperg, historienne, auteure de Nuit et Brouillard, un film dans l'histoire

"Lisibilité : c'est ce qu'il faut construire pour arriver à cela. C'est ce qui se construit au fil de toutes les recherches, compilations et mises en séries de tous les démontages et remontages que Farocki mène inlassablement à sa table de travail." Georges Didi-Huberman, philosophe et historien de l'art, in. Remontages du temps subi (2010)

"Nous devons prêter attention. Puis regarder en détail. C'est l'enseignement de Farocki et le souhait de Breslauer." James Benning, réalisateur, au sujet de En sursis

Réalisateur

"Qui est Farocki ?" demandait, en 1981 dans les Cahiers du Cinéma, Louis Skorecki alors saisi par la découverte de Entre deux guerres de Harun Farocki que lui avait conseillé Jean-Marie Straub. Et déjà l'auteur pointait la solitude de ce cinéma : "Ce cinéma est mort, il n'a plus de public, il est trop intelligent, trop beau [...]"
Si, depuis, le cinéma de Harun Farocki n'a pas perdu en intelligence, il a peut-être, à force d'opérer dans les marges et parfois loin des sorties commerciales, gagné en spectateurs et en admirateurs. La récente exposition et rétrospective du Jeu de Paume en 2009 ont permis de prendre la mesure de l'importance de son oeuvre filmique et de son influence. Avec plus de 80 films et à travers différentes formes (le film-essai, la fiction, le cinéma direct, l’installation), elle s’est souvent questionnée sur la production, l’utilisation et la réception des images dans nos sociétés.
Georges Didi-Huberman a récemment consacré à Faorcki une grande partie de son dernier ouvrage sur la pensée par montage, le faisant héritier de Brecht et Aby Warburg (Remontage du temps subi, l'oeil de l'histoire, 2, 2010). Pierre Gras dans Good Bye Fassbinder ! (2011) rappelle son influence sur les jeunes cinéastes allemands (Köhler, Hochhäusler, Peztold…) :"[Alexander Kluge et Harun Farocki] influencent discrètement le cinéma allemand actuel dans ce qu'il a de plus riche". En parallèle de la rétrospective de son œuvre à la Tate Modern de Londres, un important ouvrage, Harun Farocki, Against What ? Against Whom ? est publié et revisite ses films avec des textes de James Benning, Nora Alter, Nicole Brenez, Georges Didi-Huberman, Raymond Bellour, Sylvie Lindeperg et Christa Blümlinger…

Vidéo

 

 

"Images du monde" et "En sursis" deux films en dialogue par Sylvie Lindeperg from Survivance on Vimeo.



Edition soutenue par La Fondation pour la Mémoire de la Shoah et le CNC


15€

Actualité

Première mondiale à Cinemed le 24 octobre, puis première Internationale à Jihlava le 29 octobre. Nous sommes très heureux pour ce premier long métrage de Maria Kourkouta et Niki Giannari réalisé dans l'énergie et l'urgence. Cinemed et JIDFF

Un grand bravo à David Kremer et à toute son équipe pour Seuls, ensemble, qui remporte un 3ème prix après Traces de Vie et le Festival International de Nancy. Merci au jury présidé par Jean-Paul Rappeneau et composé de Philippe Huet, écrivain, Marie Kremer, comédienne, Henri Labbé, décorateur de cinéma, Rozenn Le Bris, directrice artistique du festival littéraire du Havre, Le Goût des Autres !

Nous félicitons chaleureusement David Yon, réalisateur de La nuit et l'enfant et David Kremer, réalisateur de Seuls, ensemble qui ont reçu chacun à quelques jours d'intervalle le Prix spécial du jury au Festival Fronteira du Brésil pour La nuit et l'enfant et au Festival International de Nancy-Lorraine pour Seuls, ensemble.


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